LES
BAUGES
Ce petit massif se situe
dans les alpes du nord en Savoie et pour une petite partie
en haute savoie. Son territoire est préservé et l'agriculture
de montagne reste sa principale ressource. Les habitants
sont appelés « les baujus ».
Le massif des Bauges présente une grande
diversité climatique et géologique, ainsi qu'une végétation
très variée.
Aussi, des espèces méridionales (telles
que les buis sous chênaies) poussent à basse altitude, tandis
que plus haut on peut rencontrer une végétation proche de
celle de la Laponie.
Les Bauges font partie des grands massifs
préalpins composés en majorité de roches calcaires et elles
présentent de surcroit des éléments très particuliers tels
que de magnifiques plissements, de gigantesques barrières
rocheuses, des lapiaz, des tannes, des dolines.
L'altitude moyenne est de l'ordre de
700 mètres, le climat est
rigoureux. Elles possèdent une grande production
laitière et forestière.
Depuis 1996, le massif s'est doté de
son Parc Naturel
Régional. Une réserve
nationale de chasse a été créée pour étudier la vie et le
comportement du Chamois.
Son plus haut sommet, l'Arcalod s'lève
à 2217 m d'altitude .
II La géologie
Les Bauges font partie du système des
massifs Préalpins du nord.
Les Préalpes sont un ensemble de massifs
calcaires qui forment la bordure externe des Alpes françaises.
Situation Géographique
Il se situe pour les deux tiers en Savoie
et pour un tiers dans la partie nord de la Haute-Savoie.
Au nord, la cluse d'Annecy et de Faverges,
le sépare du massif des Bornes.
Au sud, il longe la cluse de Chambéry,
la Chartreuse puis la combe de Savoie jusqu'à Albertville
Situation Administrative
Du point de vue administratif, la surface
des Bauges est très restreinte. Elle se limite au canton
du Châtelard qui comprend 14 communes, alors qu'elle s'étend
sur 58 communes, avec celle du parc.
Son histoire
Mille ans après son abandon par la population
celtique et sous l'impulsion cistercienne, la reconquête
du massif sur les broussailles subalpines (1131 : année
de fondation de l'abbaye de Tamié) prélude à l'instauration
du système de l'estive. Les Bénédictins s'installent à Bellevaux
et aux Aillons.
La commune agro-pastorale fonctionne
en autosuffisance : coteaux cultivés, forêts, alpages, constituent
le support écologique du massif.
Ce sont les occupants des abbayes qui
commencent le défrichement de la forêt, et l'aménagement
des alpages attire vachers et fromagers. Ils édifient aussi
moulins et martinets, fouloirs et forges
et sont aussi à l'origine des usines métallurgiques.
On peut aussi imaginer que les premières
populations sont issues de la descendance d'une colonie
de réfugiés, chassés de la plaine par des invasions successives
aux temps d'insécurité, ou plus vraisemblablement, selon
les dires de beaucoup de ses occupants, proviennent d'une
population plus ou moins autochtone de nomades, pasteurs,
bûcherons et chasseurs devenus sédentaires.
Jusqu'en 1850, le coeur des Bauges comptait
jusqu'à 23 000 habitants (à peine 3500 habitants de nos
jours). A cette époque, c'était le massif le plus peuplé
des Alpes du nord.
Le massif des Bauges a une forte identité
jusqu'à la révolution industrielle, il connaît ensuite un
déclin économique accompagné d'une chute démographique (exode
rural et vieillissement de la population), jusqu'à une date
récente. Ainsi, les Bauges sont devenues un massif oublié,
sans image de l'extérieur, mais par conséquent préservé
et authentique.
I/ Le climat
Les Bauges, comme tous les chaînons
préalpins, sont dressées sur le trajet des dépressions océaniques,
ce qui provoque des condensations relativement fortes. Le
climat change considérablement d'une vallée à l'autre, d'un
étage à l'autre, ou suivant le versant ubac ou adret.
a) Les précipitations
Les précipitations sont en moyenne abondantes
par rapport à un massif de l'intérieur ( 1 505 mm d'eau
par an à Ecole-en-Bauges contre 850 mm à Avrieux en Maurienne).
Cependant, les précipitations dans les Bauges sont dans
l'ensemble moins fortes que celles enregistrées dans les
autres massifs externes de la chaîne alpine du nord.
Pour une altitude comparable (Aillon
le Jeune reçoit 1 800 mm d'eau par an), le monastère de
la grande Chartreuse enregistre des précipitations
supérieures à 2 100 mm par an. Cette différence peut s'expliquer
par l'écran formé par les premiers contreforts du Jura,
qui captent une partie des précipitations apportées par
les vents d'ouest.
L'été est marqué par de fortes précipitations
orageuses.
Les grands lacs aux alentours du massif
font office de volant thermique et adoucissent les températures
d'hiver, par exemple sur la commune de Brison St-Innocent
où pousse l'olivier.
La pluviométrie est très variable. Par
exemple, à Lescheraines, en 1965, elle était de 1 765 mm
d'eau pour seulement 898 mm en 1949.
A noter que la quantité d'eau tombée
augmente de 85 mm par tranche de 100 mètres de dénivelé,
mais diminue
d'ouest en est.
b) Le vent
Le vent occupe une place importante
dans le massif, notamment avec la bise : Vent du nord, nord-est
(vent froid), le vent du sud (vent chaud) et vent d'ouest
qui annonce souvent la pluie.
Le "bauju" souffle des Bauges vers le
lac d'Annecy, amenant l'orage sur le lac.
c) Phénomène d'inversion de températures
Etant donné l'altitude et la situation
géographique du massif (brouillard, humidité), nous rencontrons
souvent le phénomène d'inversion des températures. A certaines
périodes hivernales, on peut avoir par exemple :
-15°C à Lescheraines (590 m) et au même moment
au Semnoz (1 650 m)
- 4°C. Ce phénomène est fréquent l'hiver.
| d) La neige |
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La topographie (synclinal, auges glaciaires
ainsi que la canalisation par le relief des vents de neige),
explique les relatives fortes valeurs du manteau neigeux.
Mais là aussi le Jura fait office d'écran, et le massif
ne reçoit pas autant de neige que les autres massifs préalpins
à latitudes égales.
Aux Déserts (1 050 m) la hauteur cumulée est de 2,70 mètres,
la durée du manteau neigeux 4 à 5 mois et le coefficient
de nivosité 18,1 %.
En février 1999, l'enneigement était
de 2,75 m au Margériaz et de 2,30 m à Arêches, dans le
Beaufortain (habituellement la station la plus enneigée
de Savoie).
e) Les températures
On note une grande variabilité stationnaire
dont les facteurs déterminants sont : la pente, l'orientation,
l'abri-des-vents, la présence de grandes falaises calcaires
favorisant la réverbération, l'absence de relief à proximité
empêchant l'insolation, les sols retenant l'humidité.
La présence des deux grands lacs joue également un rôle
modérateur important.
La température moyenne annuelle dans
le massif est de 7,9° c. Le mois le plus froid est janvier
- 1,1° c et le plus chaud est juillet avec
17,2° c. Il gèle en moyenne 148 jours par an.
On peut conclure que le massif se caractérise
par d'abondantes précipitations. Celles ci se répartissent
assez régulièrement entre les saisons, signe d'une influence
océanique.
L'ensemble de ces données se traduit
par un climat humide et froid : les Bauges appartiennent
bien aux chaînes préalpines.
f) L'hydrologie
Un climat aussi frais et humide crée
partout l'abondance des eaux, en dehors de quelques secteurs
des versants calcaires de l'ouest où elle s'infiltre profondément
et condamne le sol en surface à l'aridité (Margériaz /
Bange)
Le trop-plein des eaux s'élimine dans
le Cheran.
II / La faune, la végétation et la forêt
Ce chapitre, à lui seul, aurait pu faire
l'objet d'un mémoire. Afin de ne pas énumérer toutes les
espèces du massif, j'ai préféré les présenter sous forme
de tableau et feuillets joints en annexe, selon les secteurs
géographiques.
a) La faune
La faune dans le massif est assez conséquente
:
les invertébrés : exemple :libellules, papillons, coléoptères.
L'avifaune : dans le massif 117 espèces répertoriées.
A noter que le Grand Tétras (officiellement disparu en
Savoie)
aurait été aperçu sur la montagne de
Bange (zone difficilement accessible à l'homme).
L'aigle royal : deux couples dans le massif, un sur
la montagne du Charbon et l'autre dans les rails du Pécloz.
Il s'agit du principal prédateur des marmottes. Celui-ci
s'est adapté au massif grâce à la réintroduction de ces
dernières.
Parmi les mammifères connus dans le massif :
Le
chamois : en abondance (2000 têtes dans la
réserve nationale). Il vit en troupeaux dans les endroits
ombragés et se montre d'une agilité extraordinaire.
La
marmotte : gros rongeur de quatre à six kilos,
qui vit sur les versants bien exposés, de préférence dans
les pâturages. Elle se tient sur ses pattes postérieures
et siffle en cas de danger. Elle hiberne d'octobre à avril.
Le blaireau : gris-noir, avec la tête blanche à
deux raies noires. Il creuse son terrier dans les talus
boisés.
Le mouflon : environ 450 têtes. Originaire de
Corse, il se situe en majorité dans le secteur du Mont
de la Coche, du Trélod et de la combe d'Ire.
Cerfs, chevreuils, sangliers et bien
d'autres encore abondent dans le massif.
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