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Gérard Renoton
La fruitiére d'Arith / Bourchigny haut / 73340ARITH
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Parc Naturel Régional du massif des Bauges

 

LES BAUGES

Ce petit massif se situe dans les alpes du nord en Savoie et pour une petite partie en haute savoie. Son territoire est préservé et l'agriculture de montagne reste sa principale ressource. Les habitants sont appelés « les baujus ».

Le massif des Bauges présente une grande diversité climatique et géologique, ainsi qu'une végétation très variée.

Aussi, des espèces méridionales (telles que les buis sous chênaies) poussent à basse altitude, tandis que plus haut on peut rencontrer une végétation proche de celle de la Laponie.

Les Bauges font partie des grands massifs préalpins composés en majorité de roches calcaires et elles présentent de surcroit des éléments très particuliers tels que de magnifiques plissements, de gigantesques barrières rocheuses, des lapiaz, des tannes, des dolines.

L'altitude moyenne est de l'ordre de 700 mètres, le climat est  rigoureux. Elles possèdent une grande production laitière et forestière.

Depuis 1996, le massif s'est doté de son Parc Naturel Régional. Une réserve nationale de chasse a été créée pour étudier la vie et le comportement du Chamois.

Son plus haut sommet, l'Arcalod s'lève à 2217 m d'altitude .

II La géologie

Les Bauges font partie du système des massifs Préalpins du nord.

Les Préalpes sont un ensemble de massifs calcaires qui forment la bordure externe des Alpes françaises.

Situation Géographique

 Il se situe pour les deux tiers en Savoie et pour un tiers dans la partie nord de la Haute-Savoie. 

Au nord, la cluse d'Annecy et de Faverges, le sépare du massif des Bornes.

Au sud, il longe la cluse de Chambéry, la Chartreuse puis la combe de Savoie jusqu'à Albertville

Situation Administrative

 Du point de vue administratif, la surface des Bauges est très restreinte. Elle se limite au canton du Châtelard qui comprend 14 communes, alors qu'elle s'étend sur 58 communes, avec celle du parc.

Son histoire

Mille ans après son abandon par la population celtique et sous l'impulsion cistercienne, la reconquête du massif sur les broussailles subalpines (1131 : année de fondation de l'abbaye de Tamié) prélude à l'instauration du système de l'estive. Les Bénédictins s'installent à Bellevaux et aux Aillons.

La commune agro-pastorale fonctionne en autosuffisance : coteaux cultivés, forêts, alpages, constituent le support écologique du massif.

Ce sont les occupants des abbayes qui  commencent le défrichement de la forêt, et l'aménagement des alpages attire vachers et fromagers. Ils édifient aussi moulins et martinets, fouloirs et forges et sont aussi à l'origine des usines métallurgiques.

On peut aussi imaginer que les premières populations sont issues de la descendance d'une colonie de réfugiés, chassés de la plaine par des invasions successives aux temps d'insécurité, ou plus vraisemblablement, selon les dires de beaucoup de ses occupants, proviennent d'une population plus ou moins autochtone de nomades, pasteurs, bûcherons et chasseurs devenus sédentaires.

Jusqu'en 1850, le coeur des Bauges comptait jusqu'à 23 000 habitants (à peine 3500 habitants de nos jours). A cette époque, c'était le massif le plus peuplé des Alpes du nord.

Le massif des Bauges a une forte identité jusqu'à la révolution industrielle, il connaît ensuite un déclin économique accompagné d'une chute démographique (exode rural et vieillissement de la population), jusqu'à une date récente. Ainsi, les Bauges sont devenues un massif oublié, sans image de l'extérieur, mais par conséquent préservé et authentique.

 I/ Le climat

Les Bauges, comme tous les chaînons préalpins, sont dressées sur le trajet des dépressions océaniques, ce qui provoque des condensations relativement fortes. Le climat change considérablement d'une vallée à l'autre, d'un étage à l'autre, ou suivant le versant ubac ou adret.

a) Les précipitations

Les précipitations sont en moyenne abondantes par rapport à un massif de l'intérieur ( 1 505 mm d'eau par an à Ecole-en-Bauges contre 850 mm à Avrieux en Maurienne). Cependant, les précipitations dans les Bauges sont dans l'ensemble moins fortes que celles enregistrées dans les autres massifs externes de la chaîne alpine du nord.

Pour une altitude comparable (Aillon le Jeune reçoit 1 800 mm d'eau par an), le monastère de la grande Chartreuse enregistre des précipitations supérieures à 2 100 mm par an. Cette différence peut s'expliquer par l'écran formé par les premiers contreforts du Jura, qui captent une partie des précipitations apportées par les vents d'ouest.

L'été est marqué par de fortes précipitations orageuses.

Les grands lacs aux alentours du massif font office de volant thermique et adoucissent les températures d'hiver, par exemple sur la commune de Brison St-Innocent où pousse l'olivier.

La pluviométrie est très variable. Par exemple, à Lescheraines, en 1965, elle était de 1 765 mm d'eau pour seulement 898 mm en 1949.

A noter que la quantité d'eau tombée  augmente de 85 mm par tranche de 100 mètres de dénivelé, mais  diminue d'ouest en est.

b) Le vent

Le vent occupe une place importante dans le massif, notamment avec la bise : Vent du nord, nord-est (vent froid), le vent du sud (vent chaud) et vent d'ouest qui annonce souvent la pluie.

Le "bauju" souffle des Bauges vers le lac d'Annecy, amenant l'orage sur le lac.

c) Phénomène d'inversion de températures

 Etant donné l'altitude et la situation géographique du massif (brouillard, humidité), nous rencontrons souvent le phénomène d'inversion des températures. A certaines périodes hivernales, on peut avoir par exemple :

-15°C à Lescheraines (590 m) et au même moment au Semnoz (1 650 m)

- 4°C.  Ce phénomène est fréquent l'hiver.

d) La neige

La topographie (synclinal, auges glaciaires ainsi que la canalisation par le relief des vents de neige), explique les relatives fortes valeurs du manteau neigeux. Mais là aussi le Jura fait office d'écran, et le massif ne reçoit pas autant de neige que les autres massifs préalpins à latitudes égales.

Aux Déserts (1 050 m) la hauteur cumulée est de 2,70 mètres, la durée du manteau neigeux 4 à 5 mois et le coefficient de nivosité 18,1 %.

En février 1999, l'enneigement était de 2,75 m au Margériaz et de 2,30 m à Arêches, dans le Beaufortain (habituellement la station la plus enneigée de Savoie).

e) Les températures

On note une grande variabilité stationnaire dont les facteurs déterminants sont : la pente, l'orientation, l'abri-des-vents, la présence de grandes falaises calcaires favorisant la réverbération, l'absence de relief à proximité empêchant l'insolation, les sols retenant l'humidité. La présence des deux grands lacs joue également un rôle modérateur important.

La température moyenne annuelle dans le massif est de 7,9° c. Le mois le plus froid est janvier - 1,1° c et le plus chaud est juillet avec 17,2° c. Il gèle en moyenne 148 jours par an.

On peut conclure que le massif se caractérise par d'abondantes précipitations. Celles ci se répartissent assez régulièrement entre les saisons, signe d'une influence océanique.

L'ensemble de ces données se traduit par un climat humide et froid : les Bauges appartiennent bien aux chaînes préalpines.

f) L'hydrologie

Un climat aussi frais et humide crée partout l'abondance des eaux, en dehors de quelques secteurs des versants calcaires de l'ouest où elle s'infiltre profondément et condamne le sol en surface à l'aridité (Margériaz / Bange)

Le trop-plein des eaux s'élimine dans le Cheran.

II / La faune, la végétation et la forêt

Ce chapitre, à lui seul, aurait pu faire l'objet d'un mémoire. Afin de ne pas énumérer toutes les espèces du massif, j'ai préféré les présenter sous forme de tableau et feuillets joints en annexe, selon les secteurs géographiques.

a) La faune

La faune dans le massif est assez conséquente :

les invertébrés : exemple :libellules, papillons, coléoptères.

L'avifaune : dans le massif 117 espèces répertoriées. A noter que le Grand Tétras (officiellement disparu en Savoie)

aurait été aperçu sur la montagne de Bange (zone difficilement accessible à l'homme).

L'aigle royal : deux couples dans le massif, un sur la montagne du Charbon et l'autre dans les rails du Pécloz. Il s'agit du principal prédateur des marmottes. Celui-ci s'est adapté au massif grâce à la réintroduction de ces dernières.

 Parmi les mammifères  connus dans le massif :

Le chamois : en abondance (2000 têtes dans la réserve nationale). Il vit en troupeaux dans les endroits ombragés et se montre d'une agilité extraordinaire.

La marmotte : gros rongeur de quatre à six kilos, qui vit sur les versants bien exposés, de préférence dans les pâturages. Elle se tient sur ses pattes postérieures et siffle en cas de danger. Elle hiberne d'octobre à avril.

Le blaireau : gris-noir, avec la tête blanche à deux raies noires. Il creuse son terrier dans les talus boisés.

Le mouflon : environ 450 têtes. Originaire de Corse, il se situe en majorité dans le secteur du Mont de la Coche, du Trélod et de la combe d'Ire.

Cerfs, chevreuils, sangliers et bien d'autres encore abondent dans le massif.